Source du document : CAPD, CTSD, CDEN...  / Commissions paritaires 2017-2018 (CAPD, CTSD...)  SNUipp-FSU de Maine et Loire
Document publié le 2017-12-22 08:48:30 © SNUipp-FSU de Maine et Loire



CAPD du décembre 2017 : déclaration du SNUipp-FSU Publié le: vendredi 22 décembre 2017





Déclaration liminaire du SNUipp-FSU de Maine-et-Loire faite à la CAPD du 21 décembre 2017


Monsieur le Directeur académique,

Le premier trimestre s’achève, et enfin se tient une CAPD. « Enfin » car nous espérons pouvoir obtenir au cours de cette instance les réponses aux questions que nous vous avons adressées par écrit depuis maintenant plus de deux mois, et qui sont restées sans suite, malgré nos relances… Le paritarisme n’est pas un vain mot, et nous souhaitons, à l’échelle départementale, retrouver le dialogue nécessaire à notre travail de représentant-es du personnel.

Ceci ne nous empêchera pas de condamner fermement la politique hostile aux fonctionnaires que met en place le gouvernement : retour d’ici quelques jours du jour de carence, re-gel du point d’indice, blocage des mesures PPCR en faveur des personnels... Et comme si cela ne suffisait pas, le Sénat propose même davantage : 3 jours de carence et l’absence de mesure compensatoire à la hausse de la CSG ! Le service public et ses agents font les frais du renoncement de l’Etat à ses propres engagements ! Et ces provocations ne se limitent pas au seul champ de notre pouvoir d’achat.

Ainsi, le traitement médiatique des résultats de l’évaluation PIRLS fait par le Ministre de l’Éducation Nationale vise à discréditer totalement le travail des enseignant-es et dégrade l’image de l’école dans l’opinion publique. Le SNUipp-FSU ne remet pas en cause la validité de cette évaluation, et entend bien en tirer toutes les conséquences pour participer à l’élaboration de solutions. Mais cela doit se faire loin des solutions simplistes et démagogiques claironnées par M. Blanquer. Qui peut croire par exemple que les difficultés de lecture, qui plus est quand il s’agit de compréhension, peuvent se solutionner par une dictée quotidienne ? Les résultats de l’évaluation PIRLS gagneraient à être rapprochés d’autres données issues d’enquêtes internationales. Car si l’école française peine à enseigner la compréhension en lecture et à résorber les inégalités, elle se caractérise aussi par des effectifs par classe parmi les plus élevés, un nombre d’heures devant élèves et un temps de travail effectif parmi les plus hauts, des salaires enseignants parmi les plus faibles, une formation continue quasi-inexistante…

Concernant la formation, à l’heure où le président dit vouloir faire de l’égalité hommes-femmes une priorité nationale, nous réaffirmons que « l’égalité, ça s’apprend » et que des moyens doivent être mis en œuvre pour aider les enseignant-es à déconstruire les stéréotypes de genre dès le cycle 1. À l’échelle de notre profession, avancer vers une société plus égalitaire entre les hommes et les femmes, c’est notamment en finir avec les disparités salariales sexuées. Le SNUipp-FSU49 sera particulièrement vigilant quant à l’application des nouvelles modalités de promotions qui doivent respecter ces équilibres.

Les promotions sont en effet à l’ordre du jour de cette CAPD, dans le nouveau cadre du PPCR qui en modifie le rythme. Si l’avancement unique entérine une revendication historique portée par le SNUipp-FSU, nous ne cautionnons pas la différenciation des avancements aux 7ème et 9ème échelons et à l’accès à la hors-classe sur la base du rendez-vous de carrière qui maintient un système injuste de promotions. Nous dénonçons également le principe de la classe exceptionnelle qui exclut une grande majorité des collègues. Enfin, nous tenons à souligner à nouveau l’impossibilité d’effectuer scrupuleusement notre travail paritaire étant donné les documents de travail parcellaires qui nous ont été fournis. C’est pourquoi le SNUipp-FSU49, dans le respect des textes réglementaires, vous a sollicité afin que se tienne une CAPD consacrée au reclassement. Nous ne nous satisferons pas de non réponses ou de réponses dilatoires. Le dialogue social tant vanté par les différents gouvernements depuis 10 ans doit commencer par être mis en œuvre par celles et ceux qui les représentent dans les départements.

Nous l’avons déjà dit, nous l’avons déclaré à de nombreuses reprises ici même : il y a un réel malaise dans la maison Éducation nationale. Empilement des réformes, déclassement salarial, dégradation des conditions de travail, intensification du temps de travail, gestion d’élèves relevant du soin de plus en plus fréquente, mal être au travail, ... le système s’emballe inexorablement sans que les réponses ne soient à la hauteur du constat.
La bienveillance que l’on souhaite assigner à l’école demeurera un vœu pieux tant que la confiance et la reconnaissance ne seront pas effectives à l’endroit de celles et ceux qui s’attellent quotidiennement à encadrer la classe et faire progresser les élèves.


La déclaration (fichier PDF) :

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déclaration-snuipp-capd22dec2017