Source du document : CAPD, CTSD, CDEN...  / Commissions paritaires 2017-2018 (CAPD, CTSD...)  SNUipp-FSU de Maine et Loire
Document publié le 2018-06-21 14:51:43 © SNUipp-FSU de Maine et Loire



CAPD du 21 juin 2018 : déclaration du SNUipp-FSU Publié le: jeudi 21 juin 2018





Déclaration liminaire CAPD du 21 juin 2018


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Monsieur le Directeur Académique,
Mesdames et Messieurs les IENs,

Un mot pour commencer, concernant le rendez-vous salarial de lundi dernier au Ministère. Rien… Aucune mesure salariale concrète : pas d’amélioration du pouvoir d’achat des cinq millions d’agents publics, pas de dégel du point d’indice, pas d’abandon de la journée de carence… Sous couvert de discours modernistes, ce sont bien des reculs sociaux majeurs que le gouvernement organise, faisant toujours la part belle aux plus fortunés, et s’attaquant rudement à la Fonction Publique.
Le SNUipp, avec la FSU, réaffirme avec force que pour permettre à la Fonction Publique de répondre aux besoins des usager•es et de la société, il faut au contraire la développer et l’améliorer en reconnaissant la professionnalité et l’engagement de tous ses agent•es.

Mais ces mots font-ils encore sens ? Même à l’échelle départementale ? Au cours de cette CAPD, deux points majeurs à l’ordre du jour illustrent la déconsidération à laquelle nos collègues se heurtent : le mouvement départemental et l’accès à la hors-classe.

Près de 250 collègues participaient à cette seconde phase automatisée du mouvement, tous en attente d’une affectation pour la rentrée prochaine. Seulement 29 obtiennent un poste ! Les opérations d’affectation manuelle vont donc concerner plus de 200 collègues, qui sauront au mieux le 3 juillet, au pire le 6, dans quelle(s) école(s) ils travailleront en septembre. Connaître son affectation le soir de la sortie des classes n’est pas facilitant pour organiser sa rentrée, vous en conviendrez... Au sens formel du temps de service, c’est même impossible. Si chaque année, cela fonctionne « quand même », c’est bien que l’administration sait pouvoir compter sur la professionnalité et l’engagement de tous les enseignants, ceux qui arrivent dans une nouvelle école et ceux qui les y accueillent, en rognant sur leur temps de congés. Pour quelle reconnaissance ? L’organisation du mouvement départemental est à remettre en cause : pourquoi s’entêter à maintenir une « expérimentation » qui n’a que trop duré, et qui ne démontre aucune efficacité, ni quantitative ni qualitative ? Nous redemandons le retour à deux saisies de vœux, dans un calendrier plus respectueux des enseignants. Comprenez l’inquiétude des 218 collègues - 60 de plus que l’an dernier ! - concernés par cette attente incompatible avec un exercice serein du métier. En outre, comment allez-vous répondre aux demandes de temps partiel sur autorisation formulées par nombre d’entre eux ?

Les nouvelles modalités d’accès à la hors-classe suscitent légitimement chez nos collègues incompréhension, désappointement, sentiment d’humiliation et de colère.
Les avis rendus, basés sur des rapports d’inspection plus ou moins anciens, comme sur une connaissance plus ou moins réelle des enseignants engendrent de profonds sentiments d’injustice voire de mépris lorsque l’investissement quotidien n’est pas reconnu à minima comme « très satisfaisant ». Nous dénonçons que des avis « très satisfaisant » formulés par les IENs aient pu être réévalués par vous en défaveur des collègues. Percevez là l’humiliation faite aux enseignants, le risque de dégradation des relations entre nos collègues et leur hiérarchie. Les enseignants ont besoin d’être tous reconnus pour travailler efficacement en équipe et non pas d’être « mis en concurrence » pour accéder à la hors-classe. Le système éducatif français compte sur des enseignants investis, qui font face à des difficultés de plus en plus prégnantes et qui s’évertuent avec peu de moyens à faire réussir tous les élèves. La note de service du 19 février 2018 précise que « la valorisation de ces critères se traduit par un barème national dont le caractère est indicatif ». Nous vous demandons donc, mesdames et messieurs les IENs, de mettre par principe l’appréciation « très satisfaisant » à l’ensemble des enseignants promouvables à la hors-classe dans un souci d’égalité de traitement. Les modalités actuelles ne sont absolument pas transparentes et basées sur un prétendu mérite plus que contestable. Des recours de collègues vous ont d’ores et déjà été adressés. La bienveillance et la considération que vous nous avez assurées adresser à nos collègues à plusieurs reprises, doit se traduire concrètement.
Au cours des négociations PPCR, le SNUipp-FSU a pesé et obtenu l’engagement de l’Etat à ce que, comme le précise la même note de service « la carrière des agents a désormais vocation à se dérouler sur au moins deux grades ». Aussi, pour respecter ce cadre, nous demandons que tous les collègues promouvables et retraitables au 1er septembre 2018 soient promus afin qu’ils puissent bénéficier de cette promotion pour leur retraite.
Nous actons positivement le fait qu’en cas d’égalité de barème, vous ayez tranché en faveur de la prise en compte de l’ancienneté de service sur l’ensemble de la carrière, sans distinction entre les services accomplis entre instituteur•rice ou professeur•es des écoles.

Sur le contingent accordé enfin, nous dénonçons le fait qu’il se maintienne à 123 possibilités de promotion, identique au contingent 2017. L’augmentation du ratio, pour le faire correspondre à celui du secondaire, avait été actée en 2013 dans le cadre du chantier travail.

« Reconnaitre la professionnalité et l’engagement de tous vos agents » au travers de mesures concrètes, prises à l’échelle départementale, dans votre champ de compétences. Voilà ce que nos collègues professeur•es des écoles attendent de vous au cours de cette CAPD. Nous n’acceptons plus que cette instance s’apparente à une chambre d’enregistrement de vos décisions, sans aucune prise en compte de nos demandes. Que vous puissiez revoir ces décisions en cours de séance, pour répondre aux attentes légitimes des collègues, voilà ce que nous, élu•es des personnels, attendons de cette instance paritaire.