Source du document : CAPD, CTSD, CDEN...  / Commissions paritaires 2017-2018 (CAPD, CTSD...)  SNUipp-FSU de Maine et Loire
Document publié le 2018-07-03 09:23:49 © SNUipp-FSU de Maine et Loire



CAPD du 3 juillet 2018 : déclaration du SNUipp-FSU Publié le: mardi 3 juillet 2018





Déclaration préalable faite à l’ouverture de la CAPD du 3 juillet


JPEG - 38 ko

Monsieur le Directeur Académique
Mesdames et messieurs les IENs,

Une fois n’est pas coutume, la déclaration liminaire du SNUipp-FSU49 se bornera à l’occasion de cette CAPD au contexte départemental d’exercice de notre métier d’enseignant.

Un mot sur les conditions de formation cette année des Professeurs des Ecoles Stagiaires. Plusieurs d’entre eux se sont rendus au Rectorat la semaine dernière pour s’exprimer face au jury de titularisation. Nous souhaitons connaître le nombre exact de PES concerné·es par cet entretien, car il nous semble que d’année en année, ils sont à chaque fois plus nombreux à être convoqués. La lecture des rapports de visite a pu parfois nous laisser dubitatifs. Ainsi, au sujet d’une stagiaire évaluée dans une classe à double-niveau (MS-GS) qui compte 30 élèves, l’IEN note que « le contexte scolaire de cette année [est] favorable [et qu’]un contexte de travail plus difficile impliquerait des difficultés supplémentaires » ! Pour le SNUipp-FSU, avoir en responsabilité un effectif d’élèves aussi élevé, pour un stagiaire comme pour un enseignant·e aguerri·e, n’est pas synonyme de conditions de travail favorables, loin s’en faut ! Nous dénonçons ces effectifs surchargés, et déplorons que ces situations pénibles d’exercice du métier ne soient pas décrites comme telles. Par ailleurs, la nécessaire « prise en compte de la diversité », la mise en place d’une « pédagogie différenciée » sont des constantes dans les points négatifs relevés dans les grilles d’observation des PES. Nous vous alertons régulièrement, au sein de cette instance comme en CHSCTD, sur les difficultés de plus en plus prégnantes rencontrées par les professeurs des écoles dans l’exercice du métier face à la multiplicité des profils de nos élèves. Que les PES soient sensibilisés à la question pédagogique de la différenciation, bien évidemment, mais qu’il leur soit notifié que [leur] « pédagogie différenciée doit reposer sur des gestes didactiques et professionnels mieux maîtrisés », cela nous semble être des attendus ambitieux à l’issue de cette demi-année d’exercice. Nous redisons ici que le métier d’enseignant s’apprend, et nécessite davantage de temps de formation que celui qui y est consacré actuellement en formation initiale.

A ce titre, nous vous l’avions d’ailleurs déjà dit lors de la dernière CAPD, nous refusons le recrutement de contractuels envisagé par le Rectorat à la rentrée prochaine pour le Maine et Loire. Les personnels recrutés sous contrat ne bénéficieront pas d’une formation digne de ce nom, mais seront pourtant en responsabilité totale d’élèves. Le recrutement par concours, sous statut, ne doit pas être contourné. Ce statut, défini par la Loi, auquel nous sommes viscéralement attachés, est ce qui nous permet, nous agents de la Fonction Publique, de travailler ensemble pour l’intérêt général, avec des droits et des obligations communs, qui assurent la pérennité de l’action publique partout et pour tous. Nous vous demandons donc, Monsieur le Directeur Académique, de respecter ce principe en recrutant sur la Liste Complémentaire, et en permettant à des enseignants titulaires d’entrer dans le Maine et Loire par le biais des inéat.

Nous souhaitons revenir également sur les promotions à la Hors-Classe qui ont été actées lors de la CAPD précédente. Nous vous avions fait part en séance des sentiments d’incompréhension, d’injustice, et de colère de la majorité de nos collègues à la lecture des avis les concernant. Les enseignants qui vous avaient adressé un courrier demandant des éléments d’explications sur l’avis rendu ont été destinataires d’une réponse de votre part les invitant à se rapprocher de leur IEN. Les retours que nous avons à ce sujet nous questionnent… Nous citons : « Mon IEN n’a pas pu me donner d’éléments explicatifs quant aux critères d’évaluation du DASEN ». Dans une autre circonscription, l’IEN écrit en retour à une collègue : « Je comprends votre déception, au regard de l’appréciation pour la hors-classe. Cette appréciation ne remet aucunement en question votre investissement et ne reflète pas votre qualité professionnelle. Les critères sont avant tout quantitatifs (ancienneté de service, quotas à respecter) ». Vous conviendrez avec nous que ces réponses ne sont pas de nature à apaiser nos collègues. Que reflète alors l’appréciation ? Nous ne remettons pas en cause le travail des IENs, qui se retrouvent en première ligne face à des enseignants décontenancés. Mais nous dénonçons de nouveau l’opacité dans laquelle ces avis ont été rendus. En CAPD, nous vous avions clairement posé la question de l’application de quotas quant aux nombre d’avis « excellent » et « très satisfaisant », au regard de ce qui est assumé dans le second degré. Vous vous en êtes défendu. Qu’en est-il exactement ? De nombreux collègues vous adressent en ce moment des demandes de révision d’avis. Nous vous demandons de les considérer avec attention, et d’y donner une réponse favorable.

Enfin, sur le point du mouvement départemental, qui va occuper une place prépondérante au cours de cette CAPD, nous voudrions convenir avec vous d’un constat partagé : le calendrier en œuvre cette année pour cette opération administrative capitale ne pourra pas être reconduit ainsi les années prochaines. Tous les acteurs du système sont sous tension : les collègues d’abord qui sont plus de 230 à ne pas connaître, 4 jours avant la sortie des classes, leur affectation pour la rentrée prochaine, ainsi que ceux qui attendent votre décision quant à l’attribution d’un temps partiel ; les IENs qui ont dû construire tous les postes fractionnés en un temps limité ; les personnels des services qui doivent travailler sous le flot des sollicitations légitimes des collègues ; les élu·es du personnel qui siègent sans avoir pu analyser des documents de travail fournis la veille au soir (nous remercions au passage les services pour leur travail, car nous savons qu’il ne peut leur être tenu rigueur des délais de transmission des documents). Ce calendrier est irrespectueux des agents dont vous avez la charge.
Un exemple supplémentaire : pour la première fois cette année, les collègues impactés par une fermeture de classe au CTSD de juin n’ont pas été contactés par la DSDEN pour leur faire part des postes disponibles et leur demander d’émettre des choix. C’est avec force et conviction que nous vous demandons, monsieur le Directeur Académique, de revenir dès l’an prochain à des modalités plus respectueuses des souhaits de mutation de chaque enseignant, grâce aux deux saisies de vœux, dans un calendrier permettant un exercice plus serein du métier sur ces dernières semaines de classe.