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Vous êtes actuellement dans la rubrique : Actualités  / Année 2021  / 02-février 2021 

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[REFORME DE L’EDUCATION PRIORITAIRE] Fin des REP, création des CLA, expérimentation… OU EN SOMMES-NOUS ?

Publié le: mardi 2 février 2021

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Gros dossier que celui de l’Éducation Prioritaire... Prévue en 2018, la refonte de la carte de l’Éducation Prioritaire a été repoussée à plusieurs reprises, avant de réapparaitre courant novembre 2020, portée par le flot médiatique… Depuis, si les annonces se font plus rares, le travail ministériel bat son plein. Notre département va se retrouver confronté très rapidement, dès la carte scolaire de février 2021 à de nouvelles mesures, car l’académie de Nantes a été choisie - parmi d’autres, annoncées comme volontaires par leurs recteurs respectifs… - pour lancer l’expérimentation en ce domaine…

Dans cet article, nous proposons une synthèse des éléments connus en ce début février 2021 :

1 - De quoi parle-t-on ? La refonte de la carte de l’éducation prioritaire selon le ministère direct
2 - L’analyse de la FSU ? Communiqué FSU suite aux États Généraux de l’Éducation Prioritaire du 28/01/20
3 - Et localement ? Réalité de l’éducation prioritaire dans le Maine et Loire et agenda de l’expérimentation


1. De quoi parle-t-on : la refonte de la carte de l’éducation prioritaire selon le ministère.

On peut commencer par s’étonner du fait que rencontrée le 11 octobre par la FSU, la nouvelle secrétaire d’Etat en charge de l’éducation prioritaire – Nathalie Elimas - n’avait alors rien livré de ses pistes de travail. C’est le 19 novembre, à l’occasion d’une nouvelle réunion cette fois-ci à l’initiative du ministère, que ses annonces surprennent car vont dans le sens d’un changement de cap radical pour l’éducation prioritaire. Dans l’entretien qu’elle donnera au journal Le Parisien le 22 novembre, les nouvelles informations confirment une expérimentation qui mettrait un terme au label REP, en renonçant à une politique nationale pour lui préférer des contrats locaux.

Ainsi :
- Une expérimentation sur l’évolution des REP est mise en place dès 2021 dans 3 académies : Lille, Aix-Marseille et Nantes.
- Pendant la durée de l’expérimentation, les labels REP+ et REP ne devraient pas être modifiés. Au-delà, les REP+ devraient perdurer. La secrétaire d’État envisage la création de plus de 120 cités éducatives.

L’avis du SNUipp-FSU : Ces annonces signent la possible fin, dès la rentrée 2022, du label REP. Au-delà d’un manque d’ambition affiché pour la réussite scolaire des élèves des réseaux actuels, elles marquent la fin d’une politique d’éducation prioritaire identifiée, en dehors des REP+ (eux-mêmes appelés à se confondre à terme avec les « cités éducatives »).

- L’objet de l’expérimentation est de remplacer la carte des REP par des « Contrats Locaux d’Accompagnement » (CLA), d’une durée limitée de 3 ans, conclus au niveau de chaque « unité éducative » (entendons ici chaque école, collège, ou lycée…). Ces « contrats locaux d’accompagnement » sont des contrats d’objectifs, qui comporteraient à la fois des « objectifs pédagogiques » et des objectifs d’accompagnement des personnels…

L’avis du SNUipp-FSU : Sous couvert de prendre en compte les « écoles orphelines » et certains lycées (dont les lycées professionnels), l’organisation en réseaux disparaît au profit de contractualisations locales d’établissement et d’école. Les annonces révèlent que les moyens attribués de manière « progressive » seraient conditionnés à des objectifs à atteindre, dont des objectifs pédagogiques, ce qui dans le 1er degré renvoie notamment au pilotage par les évaluations nationales standardisées. On peut donc légitimement craindre un renforcement du contrôle des pratiques enseignantes et du resserrement sur les « fondamentaux », avec la tentation de donner un nouveau rôle aux directrices et directeurs d’école… Blanquer imposerait donc ici le management par objectif, dont les conséquences nuisibles sont prévisibles : limitation des apprentissages aux prétendus fondamentaux, salaire au mérite en fonction des résultats, apparition des lettres de mission alourdissant les tâches des directrices et directeurs, multiplication des postes à profil en-dehors des procédures du mouvement, mise en concurrence des écoles, détournement des familles du service public d’éducation…

- Il y aurait ainsi, pour chaque école, collège, lycée professionnel ou général et technologique, une « allocation progressive des moyens » en fonction d’indicateurs.

L’avis du SNUipp-FSU : Sauf à être augmentés, les moyens dédiés aux réseaux actuels d’éducation prioritaire seraient amoindris car répartis sur un nombre augmenté d’établissements et d’écoles (zones rurales, partiellement écartées en 2014 notamment par le critère « QPV »…). D’autant plus que les établissements privés pourraient être concernés !

- Ces indicateurs, à partir desquels seraient établis les contrats sont encore très flous :

  • des critères nationaux à caractère socio-économique ont été annoncés à la FSU. Ainsi seraient conservés 3 des 4 critères de 2014 (CSP - Professions et Catégories Sociales ; taux d’élèves boursiers ; taux de familles résidant en QPV – Quartiers de la Politique de la Ville), mais serait écarté le taux de redoublement en 6ème. D’autres critères ont été évoqués tels que des critères d’éloignement, d’autres permettant de prendre en compte « la diversité des ruralités » ou bien encore des « critères de caractéristiques RH »…
  • des critères locaux sont également prévus, élaborés au niveau de chaque académie, « au plus près des territoires »…
L’avis du SNUipp-FSU : La multiplicité des critères envisagés (près d’une quarantaine au final !) rendrait complètement opaque le choix des établissements retenus, et signe l’abandon total d’un cadre national.

- Enfin, la secrétaire d’Etat évoque la création d’un « Bureau d’Aide Rapide », appelé BAR, à même de venir en aide aux élèves en difficulté pour effectuer leurs leçons à la maison.

L’avis du SNUipp-FSU : Au-delà de l’appellation problématique « BAR », la secrétaire d’Etat évoquant les « devoirs faits à distance » confirme le renvoi sur des dispositifs extérieurs à l’école de l’aide aux élèves rencontrant des difficultés, pour les établissements et écoles ne bénéficiant pas de moyens supplémentaires.

- Des éclairages complémentaires :

L’avis de l’OZP : L’Observatoire des Zones Prioritaires, créé en 1990, a tenu son colloque national le 5 décembre. L’analyse que fait le SNUipp-FSU de la nouvelle politique d’éducation prioritaire que cherche à mettre en place Blanquer est largement partagée par l’OZP qui parle d’ « escamotage » de l’éducation prioritaire : « Vouloir sortir d’une carte de l’éducation prioritaire constitue une rupture profonde. Dès son origine en 1981, cette politique de lutte contre les inégalités ciblait non pas des établissements scolaires mais des territoires marqués par de très fortes inégalités... Passer d’une logique de politique territorialisée à une politique d’établissement constitue une rupture profonde dans la philosophie éducative gouvernementale. La lutte contre les inégalités ne relèverait plus d’un projet mobilisant le réseau et ses partenaires (services déconcentrés de l’Etat, collectivités territoriales, associations…) mais d’un contrat passé entre le rectorat et un établissement. La notion de réseau, qui traduit la volonté politique de renforcer la continuité et la cohérence pédagogique et éducative tout au long de la scolarité obligatoire, est abandonnée ipso facto, sans évaluation, sans bilan au profit du vieux modèle libéral de l’établissement autonome, sur le modèle de l’enseignement privé, ouvrant ainsi le chemin au vieux fantasme de la mise en concurrence des établissements entre eux. Ce changement de philosophie repose aussi sur une volonté d’effacement des mesures de priorisation en faveur des ghettos urbains au profit des territoires ruraux et de l’enseignement privé ».
http://www.ozp.fr/spip.php ?article26109

L’avis de Paul Devin, président de l’Institut de recherches de la FSU : « C’est une réforme idéologique qui se prépare, guidée par une vision très libérale de la question sociale : le retour en force des conceptions individualistes de l’égalité des chances qui se contentent de mettre en valeur quelques réussites scolaires aux dépens d’une véritable démocratisation de l’accès aux savoirs. »
http://institut.fsu.fr/edito-2841.html


2. L’analyse de la FSU ? Communiqué FSU suite aux États Généraux de l’Éducation Prioritaire du 28/01/20

Les États Généraux de l’Éducation Prioritaire organisés par la FSU au niveau national le 28 janvier 2021, ont permis d’analyser l’ensemble des orientations annoncées par le ministère. Le SNUipp-FSU 49 a participé à ces échanges.
A l’issue de ces États Généraux, un communiqué de presse FSU a été médiatisée, afin d’alerter l’ensemble de la profession, et au-delà, l’ensemble du champ éducatif.
COMMUNIQUE PRESSE FSU : ÉTATS GÉNÉRAUX DE L EDUCATION PRIORITAIRE
À lire également : sur le site du SNUipp-FSU : Education prioritaire : quel avenir ?


3. Et localement ? Réalité de l’éducation prioritaire dans le Maine et Loire et agenda de l’expérimentation>/span>

Cartographie de l’éducation prioritaire dans le 49 :

Le Réseau Éducation Prioritaire (REP) ?
A cette rentrée 2020, 35 écoles du département relèvent de l’éducation prioritaire : 9 sous le label REP+ et 26 sous le label REP. Au global, ces 35 écoles représentent 8 % des écoles publiques, 13 % des classes ouvertes dans le département et accueillent 11 % des élèves scolarisés dans les écoles publiques du Maine et Loire.
Dans le détail :
- Les 9 écoles classées « REP+ » se situent exclusivement sur la commune d’Angers, dans les quartiers urbains. Elles scolarisent 3,5 % des élèves du Maine et Loire inscrits dans le 1er degré public.
- Les 26 écoles classées « REP » se répartissent sur les communes d’Angers, Trélazé, Cholet et Saumur, et se situent dans les quartiers urbains. Elles scolarisent 7,4 % des élèves du Maine et Loire inscrits dans le 1er degré public.

Les écoles « soutenues » et « soutenues + » ?
En 2014, la carte de l’éducation prioritaire connaît de profonds changements en raison de la « refondation » décidée par le ministère. C’est la disparition des dispositifs Eclair et RRS, et l’installation des dispositifs REP et REP+. (A noter que la loi prévoyait que la liste des réseaux arrêtée soit révisée tous les 4 ans. Mais depuis 2018, cette révision de la carte de l’éducation prioritaire n’a eu de cesse d’être repoussée par le gouvernement, jusqu’au changement total de paradigme annoncé aujourd’hui…)
En 2014, cette refondation implique que « d’autres [écoles] n’ont plus de raisons de bénéficier des mêmes efforts de la nation tant les situations sociales qui étaient difficiles antérieurement ont pu évoluer favorablement ». C’est donc la sortie du dispositif pour beaucoup d’écoles du département. Ces sorties sont d’autant plus injustes que la situation de chaque école n’est pas appréciée à l’aune de ses propres indicateurs, mais de ceux du collège de rattachement. L’administration concède alors une maigre mesure d’accompagnement : les étiquettes « soutenue » et « soutenues + » permettent aux écoles de bénéficier d’un seuil (très) légèrement favorable pour les opérations de carte scolaire.
Le département compte 13 écoles « soutenues + » situées dans les grandes agglomérations (Angers, Trélazé, Cholet, Saumur).
Les 19 écoles « soutenues » sont réparties sur Angers mais également en secteur rural (Cheffes, Ecuillé, Etriché, Juvardeil, Miré, Tiercé et la commune nouvelle des Hauts d’Anjou).

Agenda de l’expérimentation en Maine et Loire :

- Lundi 18 janvier 2021 : Audience demandée par le SNUipp-FSU49
Sur la question de l’éducation prioritaire, le DASEN n’a pas été prolixe, se bornant à rappeler que le lancement du dispositif n’avait pas encore été fait ni par le ministère, ni par le recteur, et que « rien n’est arrêté »…
Concernant les écoles « soutenues », le DASEN indique ne pas avoir l’intention de modifier les choses pour la rentrée 2021. Mais cette information restera soumise aux décisions que prendra le recteur.
(compte-rendu en ligne : Le SNUipp-FSU 49 reçu en audience par le DASEN le 18 janvier)

- Lundi 18 janvier 2021 : Comité Technique Académique convoqué par le recteur
Si l’ « expérimentation concernant l’éducation prioritaire : contrat locaux d’accompagnement » était bien à l’ordre du jour du CTA, le recteur n’a pas donné de nouvelles informations, si ce n’est annoncer la tenue de nouvelles instances : groupe de travail et CTA spécifique (voir ci-dessous). Il affirme toutefois que pour cette rentrée « les moyens de l’éducation prioritaire ne seront pas impactés » sans préciser d’où viendront ceux attribués aux nouveaux CLA… Il pourrait s’agir, toujours selon le recteur, de mesures « en termes de promotions, d’accompagnement ou de moyens ».
(compte-rendu en ligne)

- Mercredi 3 février : groupe de travail convoqué par le recteur
La sélection des écoles et établissements qui se verront attribuer les Contrats Locaux d’Accompagnement (CLA) le seront sur la base de critères qui devraient être présentés lors de ce groupe de travail.

- Lundi 8 février (groupe de travail) et Jeudi 11 février (CTSD) : Carte scolaire du Maine et Loire
Nos instances carte scolaire étant prévues se tenir en amont du CTA, il est probable qu’aucune information ne nous soit délivrée lors de ces deux instances…

- mardi 8 février : CTM : comité technique ministériel
Point d’information sur la mise en place des CLA

- Jeudi 18 février : CTA convoqué par le recteur
Les écoles et établissement qui obtiendront les CLA devraient être présentés lors de ce CTA.

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Grève du 4 février : Modèle de déclaration d’intention de participation à la grève
La mobilisation doit continuer
Situation sanitaire : et les écoles ?
États généraux de l’Education prioritaire (communiqué FSU)
Journée du 4 février : lieux et heures de mobilisation dans le Maine-et-Loire
L’épidémie continue de progresser
Nouveau protocole : encore insuffisant...
Prime d’équipement informatique et régularisation des avancements automatiques : la FSU intervient...
Nouveau protocole : encore insuffisant...
Contaminations en hausse : agir sans tarder !
[Carte scolaire 2021] Modèle de déclaration préalable d’intention de grève pour le jeudi 11 février
Masques conformes pour les élèves : la FSU écrit aux ministres
Défendons la maternelle
Violences sexuelles et inceste
COVID : les revirements du Ministère mettent en péril l’école !
Que faire en cas de Covid ?
[Congé Formation Professionnelle] la circulaire départementale
[Temps partiel et modalités d’exercice Rentrée 2021] Circulaires et annexes départementales
8 mars : se mobiliser pour le droit des femmes
Ecole, pour une stratégie globale face au COVID
Tests salivaires : copie à revoir !
 
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